Exposition EXPOSITION & PUBLICATION LandRush Frauke Huber & Uwe H. Martin

LandRush - Ventures into Global Agriculture 

Du 20 mars au 29 août 2021 au Pomhouse

LandRush –Ventures into global agriculture est une exploration artistique de l’impact social et environnemental de l’agriculture à travers le monde.


L’agriculture accélère le dérèglement climatique, l’extinction, l’érosion et la raréfaction des ressources en eau. Elle monopolise environ 40% des terres émergées et plus de 70% de l’eau douce de la planète, asséchant les lits des rivières et tarissant les nappes phréatiques. En raison de la surexploitation des sols et de l’intensification rapide du réchauffement climatique, la désertification est une des plus lourdes menaces pesant sur la vie sur terre. Tous les jours, à chaque minute, l’avancée du désert détruit 23 hectares de terres arables, tandis que la dégradation des sols réduit de 23% la productivité de l’ensemble de la surface terrestre mondiale.

La population mondiale devrait frôler les dix milliards d’habitants d’ici 2048. L’évolution des régimes alimentaires, plus riches en viande et en poisson, se traduira par une demande accrue en nourriture avec le risque d’une dégradation encore plus rapide des sols par épuisement, alors qu’au même moment les récoltes seront de plus en plus mauvaises en raison du dérèglement climatique. Les fertilisants déversés par les activités agricoles industrielles détraquent les écosystèmes des cours d’eau et des zones côtières, tandis que la déforestation et la transformation des prairies en terres cultivables causent l’érosion des sols et l’appauvrissement de la biodiversité. La nature décline globalement à un rythme sans précédent dans l’histoire de l’humanité ; l’agriculture et les changements dans l’utilisation des sols en sont les principaux responsables et contribuent par ailleurs à l’émission d’un quart environ des gaz à effet de serre qui aggravent le dérèglement climatique.

Plus que toute autre, l’agriculture est l’activité par laquelle l’espèce humaine transforme la planète, pourtant la plupart des gens ne mesurent pas à quel point nos systèmes alimentaires sont fragiles en réalité.

Frauke Huber et Uwe H. Martin documentent les conséquences sociales et environnementales de l’agriculture mondiale depuis 2007. En adoptant une démarche de journalisme lent, ils nouent d’étroites relations sur place avec des agriculteurs, des éleveurs, des pêcheurs et interviewent des responsables politiques, des activistes et des scientifiques. Leurs projets se développent de manière organique, chapitre par chapitre, suivant un cycle constant de recherche, production et présentation. Cette approche ouverte permet à leur travail de faire surface au sein de contextes toujours nouveaux, en jetant progressivement des ponts entre publications dans des revues, films documentaires, Web-documentaires linéaires et applications interactives jusqu’aux mises en espace dans des institutions culturelles.

 

Pour la première fois, cette exposition rassemble en un lieu les trois chapitres de l'enquête de Huber et Martin:

WHITE GOLD (2007 – 2012) examine les effets sociaux et écologiques de la production mondiale de coton. Le coton entre dans la fabrication de nos vêtements, des billets de banques, des aliments pour animaux, du dentifrice et des pellicules cinématographiques. Le commerce du coton a toujours été des plus inéquitables et sa réputation de produit naturel n’est rien de plus qu’une illusion. Le coton détruit des régions entières par ses besoins excessifs en eau, emploie plus de pesticides que d’autres cultures et dégrade les écosystèmes. De plus, le coton stimule l’industrialisation mondiale de l’agriculture.

LANDRUSH (2011 – en cours) analyse l’impact des investissements agricoles à grande échelle sur les économies rurales et les droits fonciers, l’essor des carburants renouvelables, la réaffectation des terres et l’avenir de l’agriculture à travers le monde, tout en documentant l’accaparement néo-colonial des terres en Éthiopie, les méga compagnies industrielles au Brésil, les fermes familiales florissantes grâce à la production d’éthanol dans l’Iowa, et l’agriculture biologique ainsi que les politiques d’aménagement du territoire en Allemagne orientale – parmi bien d’autres phénomènes.

DRY WEST (2014 -  en cours) documente la société hydroélectrique et les paysages façonnés par l’homme de l’ouest américain, où les rivières coulent dans des berges en béton, à travers les montagnes et le désert, tout en rapportant de l’argent. Ce système, qui a fait fleurir le désert et grandir des villes, est de plus en plus déséquilibré. La région réclame plus d’eau que ne peut en fournir la nature. Plus de 80% de l’eau est engloutie par un système agricole qui a métamorphosé la moisson en opération minière ; au lieu du cuivre, de l’or ou du pétrole, il extrait de l’eau fortement subventionnée.

Colophon  

  • Conception artistique & vidéos
    Frauke Huber & Uwe H. Martin

  • Commissaire
    Daniela Del Fabbro avec la complicité de Marielle Kaufmann

  • Éclairage, installation audiovisuelle
    Ralph Popov / LEMON Event Support

  • Équipe technique
    Dirk Berghmans, Kurt Gelhausen, Alexandre Useldinger
  • Prises de vue
    Romain Girtgen

  • Communication
    Anne-Laure Letellier & Marielle Kaufmann

  • Conception graphique 
    Sarah Winter

 

Dans le cadre du Mois Européen de la Photographie, Luxembourg.

Publication

L’exposition est accompagnée d’un catalogue intitulé « LandRush. Ventures into global agriculture » avec un texte de Wolfgang Brückle sur les défis de la narration visuelle aujourd'hui.

Dennis Dimmick
Introduction
Humanity’s Impact Sweeps the Planet

[excerpt from the catalogue essay]

The past year has been like no other in our lifetimes. Our days of freely moving and gathering have been replaced by months of isolation, our lives altered profoundly by a global pandemic.

For those who fortunately escape COVID-19, degrees of lockdown or quarantine remain. Vaccines arrive that can help restore routines, travel, and ways we earn our living. We now see that 21st century life will be measured as the time before coronavirus, and the time after.

As we feel our way in this new era, grasping footholds in an uncertain world, our constant need for food and water most certainly remains. We must eat, we must drink. And the people on the food front lines who grow, harvest, and move food from farm to table have been enduring mortal risk this year to their health to provide the nourishment we all need.

A wealth gap rises between those who serve and those who are served, between the haves and have-nots. This pandemic has laid bare inequality across the planet, as millions go hungry and lose their homes after jobs and businesses vanish, and money for rent and food runs out.

Unheralded, farmers and their workers must show up each day to till soil, sow seeds, tend crops, and reap the harvest. Transit and grocery workers must sort and grade, transport and distribute, unpack boxes, and stock shelves and cases.

Many pieces make up the food puzzle: good soil, viable seeds, plant nutrients, enough water from rain or irrigation, sufficient labor, just right temperatures, and sun. Combine these essentials with adequate finance, energy for machines, precision planning and planting, cultivation, pest control, harvest, storage, refrigeration, and transportation. All ingredients play a timely and measured role in this complex recipe, or crops fail, food can spoil before market.

Social inequality and environmental damage inherent in agriculture underpin the revelatory investigations and stories here by Frauke Huber and Uwe H. Martin, enterprising and patient documentarians who for years have traveled five continents to observe, meet people, ask questions, and listen. Their multi-faceted reports combine words, sounds, pictures, and cinema to document the ways we exploit land, water, seeds, and people to grow the food and fiber we need to survive. This is not necessarily a pretty sight.

Agriculture uses about 40 percent of arable land and 70 percent of freshwater worldwide.  As world population grows towards 10 billion over the next 30 years, we will cut down and burn more forests and plow more grasslands to graze livestock and grow crops.

Economists say we must grow twice as much food by mid-century to keep up with rising population and our growing taste for more high-quality protein like meat and dairy. Not only is agriculture a major contributor of greenhouse gases that heat the planet, but crop yields are threatened by droughts, heatwaves, storms, and floods caused by those same emissions.

In an epic-scale documentary project reminiscent of the famous 1930s work of Depression-era Farm Security Administration photographers, Huber and Martin use soil, water, and seeds as a framework. These elements provide the bedrock foundation for agriculture and for the work presented here in three sections: Land Rush (soil), Dry West (water), and White Gold (seeds).

Agriculture is nothing without soil, and Land Rush analyzes the race to secure land in the Amazon, Ethiopia, and Germany. In the U.S., Huber and Martin look at Iowa crops grown for energy, this while vital topsoil washes downstream after decades of industrial monoculture.

In Dry West, Huber and Martin live in the arid American southwest to examine the vital role imported water plays in propping up agriculture and society in a dry region historically prone to devastating drought. As snowpacks and aquifers decline, farming’s future is vulnerable here.

White Gold documents global cotton production in Texas, Africa, Central Asia, and India, probes its financial and environmental impact, and looks at damage to impoverished farmers and rural economies from overhyped genetically engineered cotton seeds. The poor get poorer.

Epic and eloquent, these in-depth reports testify to Huber and Martin’s persistence, curiosity, and passion in revealing agriculture’s huge and growing impact on people and planet.

Their reports are sweeping, yet personal. While agriculture has domesticated more of earth’s land than any other activity, our food supplies and fate rely on unyielding efforts of people they met who plant, weed, and pick. We owe thanks to Huber and Martin for reminding us of the sacrifices by those who sow and reap for our benefit.

 

 

 

 

 

 

 

 

Biographie

Frauke Huber et Uwe H. Martin sont des narrateurs visuels indépendants, des journalistes et éducateurs. Leur travail documentaire qui associe la photographie, le film, le texte et le son, est axé sur les grands enjeux environnementaux de l'Anthropocène. 

Tous les deux sont membres du collectif "Bombay Flying Club" et ont fait partie du projet collaboratif d'art et de recherche "World of Matter", cofondé par Uwe en 2010.

Frauke a étudié l'économie et est diplômée en photographie. Uwe a étudié la photographie documentaire ainsi que le journalisme et enseigne dans des universités à travers le monde. Par ailleurs, Uwe est cofondateur de la coopérative "RiffReporter", un croisement entre une plateforme d'édition collaborative et un incubateur d'entreprises pour le journalisme entrepreneurial indépendant.

Frauke et Uwe encadrent de jeunes narrateurs visuels et sont souvent invités en tant que conférenciers et experts sur des sujets tels que la narration trans-média, le slow-journalisme, les récits fragmentés, la politique de l'eau et l'agriculture. Au fil des ans, leur travail s'est vue couronné par de nombreuses distinctions et récompenses, notamment le German Reporter Award, le Greenpeace Award, le Development Media Award et le German Short Film Award.

Leur nouvelle initiative «Earth Vision Lab» rassemble diverses équipes d'experts recherchant des solutions aux questions de la relation entre eau, agriculture, énergie, alimentation, climat, et environnement. 

 

www.landrushproject.com

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